J3_le 14 avril

L’incontournable journée du jeudi 14 avril

Départ de notre résidence avec nos petits petons, ce matin, ce sera sans métro, ni tram que nous visiterons les show rooms de ceux que nous appellerons : « les éditeurs incontournables »
(Nous passerons premièrement et bien évidemment par la case « supermercato » pour remplir nos estomacs affamés par un sandwich jambon mozzarella et une bouteille d’eau frizzante, à 10h du matin, rien de mieux pour commencer la journée).

Nous commençons donc, comme il se doit, par les des éditeurs incontournables du Design Italien :

1er showroom : Alias 
Spécialisé en mobilier de bureau, nous pouvons remarquer les ingénieux systèmes de fixation combinés à des lignes élancées et aérodynamiques propres au design d’aujourd’hui…mais une assise sort du lot ; la « Dinamica » de Riccardo Blumer : entre l’assise selle de vélo volontairement inconfortable de Castiglioni et le siège selle de cheval de Magistreti, et non sans nous évoquer le projet d’assise de notre Mathieu Brillant, Blumer nous propose un tabouret à bascule tout en légèreté !

2nd show room : Artemide
Fondée en 1960, le groupe Artemide est l’un des leaders mondiaux dans le secteur de l’éclairage et l’un des plus grands éditeurs italiens, qui a accompagné à leur début beaucoup de grands designers tel que Vico Magistretti, Enzo Mari, Richard Sapper.
Ici, nous observons une vraie recherche sur la réflexion de la lumière et la transposition des sources lumineuses: elles ne sont plus là où nous avons l’habitude de les voir mais dissimulées dans l’abat jour en lui-même ou réfléchies par l’utilisation de miroir. Nous sommes en revanche déçus par toute cette utilisation de plastiques et par le manque de finitions de certains produits.

3ème show room : Capellini
Regard sur Marcel Wanders et son mobilier que l’on croirait sortit d’Alice au pays des merveilles, disproportion, couleurs vives, fibre de carbone tressée et résinée, citronnier qui trône au centre d’une table. Une touche d’humour : la stéréo lithographie au service…des crottes de nez…peu probable mais vrai : 3 crottes de nez agrandies réalisés grâce à une imprimante 3D étaient exposées entre des photographies d’art et la table au citronnier…Une petite récompense au sous sol : quelques céramiques dont celle de François Azambourg.

Nous continuons notre périple en passant par Kvadrat, leader danois en textile technique (entre autre, fournisseur officiel des Bouroullec pour leur canapé-fauteuil Quilt ou leur parroi Clouds). La compagnie travail sur un nouvel axe de recherche très intéressant: le textile comme isolant phonique. En effet, Kvadrat est en train de développer un panneau d’isolation dont le système de profil met en tension le textile autour d’une mousse qui insonorise l’espace. Ce projet léger et mobile est une façon innovante de penser le «mur» et crée de nouvelles solutions architecturales. Nous disons oui !

Prochaine étape: la visite de la fondation Vico Magistreti, ancien atelier du designer-architecte
Vico Magistreti (1920/2006), initialement formé en architecture attendra la fin des années 50 pour multiplier les «best-sellers» pour les grands éditeurs de design : Artemide, Cassina, B&B Italia, O-Luce ou Kartell. Son style se caractérise par une recherche de simplicité. « J’aurais aimé inventer le parapluie à cause de sa simplicité, de son néant, de sa tension. », disait-il. Son projet le plus connu; la lampe Eclipse, éditée en 1966 chez Artemide. Objet simple formé d’une superposition de demi-spheres, qui fût principalement développé avec l’industriel, par téléphone! Nous remarquons également la transposition de fonctionnement d’objet en système d’assise, telle que celle réalisée à partir de selle de cheval ou encore la chaise qui se plie tel un parapluie, etc…

Un petit tour en tram et nous voilà de retour vers nos éditeurs incontournables, le dernier Italien de la journée, the last but not the least : l’intemporel Knoll, l’élégance par excellence, rien à rajouter.

Ensuite, petit détour vers Londres avec l’incontournable Established&Sons et son exposition N°7:
Ceux qui osent éditer des emballages de hamburger en aluminium finition or ainsi que des designers qui émergeaient encore il n’y a pas si longtemps, tel que Barber Osguerby ou les frères Bouroullec. Un showroom haut en couleur qui réchauffe enfin le cœur, et dont la scénographie sublime à merveille le mobilier exposé.
On remarque notamment avec surprise, une nouvelle approche esthétique de Konstantin Grcic avec ses canapés et fauteuils «Cape». Les frères Bouroullec s’impose eux aussi avec deux projets contrastés: un canapé nommé «Quilt, the think», aux formes organiques, rappelant quelque peu l’organisation structurale de l’encéphale, avec un revêtement conçu justement avec la collaboration de Kvadrat. Et deuxième projet, l’étagère «Folio», fine et efficace, évoquant avec subtilité un tableau du peintre Rothko. Enfin, on oublie pas la performance technique de Terence Woodgate et de John Barnard avec «Surface Table», un travail sur la fibre de carbone et sa capacité de résistance; incroyable!

Pour finir l’après-midi et pour le fun :
un des ces lieux les plus charismatiques du « off » de Milan de jour.
Exposition organisée par Marco Petroni dans un lieu gigantesque et superbe, anciens ateliers réaménagés, immense cour intérieure fleurie et le tout remplit à rebord sans surprise. ..de designers de tout bord ! Une agence nous a particulièrement plu: le Studio Formafantasma et leur projet botanica, l’exploration du monde des plastiques historique et naturel. Au lieu de retravailler les substances familières à base de pétrole que nous associons tous avec le mot «plastique», le studio a plutôt renforcé le chemin du retour. Il regarde les origines de la botanique, en prenant conscience que la discipline a émergé autour de la recherche humaine de plantes identifiables comme comestibles, médicinales ou à des fins artisanales. La collection Botanica est conçu comme si les plastiques à base de pétrole n’avaient jamais été découvertes, et étudie les «textures inattendues, des sentiments et des possibilités techniques offertes par des polymères naturels extraits de plantes ou d’animaux dérivés.» Les vases, tables, surfaces et les lampes de cette collection ont été formés à partir d’une combinaison de colophane, dammar, copal, le caoutchouc, la gomme laque et bois durci… C’est juste super!

Et puis nous courrons vers une conférence qui se tient dans l’humble hangar de Vitra dans la très tendance via tortona, tous assis sur des poufs gonflables recouverts de papier kraft, placés derrière nos locuteurs…il en ressortira une volonté de penser la collaboration massive telle un outil premier. D’utiliser le pouvoir de l’échange et de la discussion comme ultime solution à la création à la fois philosophique et sociale. Pensons le « nous » !
Un dernier petit tour patriotique par les appels à projet et la carte blanche du Via, qui soit dit en passant est un des projets les plus remarquables du salon ! Puis direction… le pont de via Tortona qu’il nous a fallut 30 minutes pour traverser dans une foule assoiffée mais enfin, ultime récompense : la pizza au bord du canal St Martin de Milan, i Navigli ! mmmmmmmilan

1 Alias

45 Photos

2 Artemide

16 Photos

3 Cappellini

34 Photos

5 Magistretti

23 Photos

6 Knoll

3 Photos

8

50 Photos

11 On the road

25 Photos

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